OpenWorld 2014 : Une appliance Oracle conçue pour le backup des bases sensibles
Dans la famille des « engineered systems », le dernier-né est
une solution de sauvegarde qui affiche sa mission dans son nom « Zero
Data Loss Recovery Appliance ».
Destinée à sauvegarder les bases de données
sensibles en assurant une restauration sans perte de données,
l'appliance Recovery vient d'être livrée par Oracle. Très évolutif, le
système offrant de base 37 To de capacité utile peut être étendu par
l'adjonction de racks reliés via des liens InfiniBand et protéger ainsi
plusieurs milliers de bases de données.
Oracle
vient d'accueillir une solution de sauvegarde dans sa famille de
systèmes intégrés qui associent étroitement matériel et logiciels et
dont le premier membre avait été l'Exadata Database Machine, en 2008.
Pré-annoncée il y a un an, l'appliance Zero Data Loss Recovery (ZDLR) a
été présentée sur OpenWorld 20114 la semaine dernière à San Francisco.
Elle est spécifiquement conçue pour la protection des bases de données.
L'objectif est d'apporter une protection continue pour les bases
sensibles, en éliminant les risques de pertes de données que présentent
les solutions existantes, explique l'éditeur de Redwood Shores. Le tout
en déchargeant les serveurs de production de ces procédures. Le système
fonctionne avec les versions 10g, 11g et 12c de la Database d'Oracle.
« Les appliances de backup ne sont pas adaptées à la sauvegarde de bases
de données », a pointé lors d'une présentation Larry Ellison, CTO
d'Oracle, en énumérant une série d'inconvénients. Elles traitent les
bases comme des fichiers à copier de façon régulière et pas comme des
systèmes transactionnels ayant des exigences spécifiques d'intégrité et
de performances, ce qui entraîne des pertes de données. Par ailleurs,
elles ralentissent les applications et ne sont pas évolutives en
capacité, ce qui amène à devoir gérer différents systèmes, a notamment
indiqué Larry Ellison. A l'inverse, bien sûr, l'appliance Recovery peut
être étendue par l'adjonction de racks supplémentaires, ce qui lui
permet potentiellement de prendre en charge les besoins de milliers de
bases de données.
La prise en charge des redo logs supprime les pertes de données
La principale spécificité du système est de supporter le transport des « redo logs »
des bases de données en temps réel. Ces fichiers enregistrent toutes
les modifications apportées à la base. A chaque fois qu'une donnée est
modifiée, cette modification est d'abord enregistrée dans le redo log en
ligne avant d'être appliquée au fichier de données. Cette
fonctionnalité a initialement été mise en oeuvre par Oracle dans sa
technologie Data Guard (déjà déployée sur des milliers de bases de
données sensibles dans le monde, souligne l'éditeur). L'appliance
Recovery apporte des niveaux de protection similaire pour des
applications qui ne requièrent pas obligatoirement les autres
fonctionnalités de Data Guard (fast failover, par exemple). Elle apporte
par ailleurs une validation de bout en bout, indique Oracle dans un document
sur le produit. L'ensemble des données de backup et des blocs redo sont
automatiquement validés à chaque étape : lorsqu'ils arrivent sur
l'appliance, lorsqu'ils sont copiés vers la sauvegarde sur bande et
lorsqu'ils sont répliqués, explique Oracle. Ils sont également
régulièrement validés sur le disque. C'est ce qui permet d'assurer que
les procédures de restauration restituent des données valides.
Larry
Ellison présente les fonctions Delta Push et Delta Store de l'appliance
de sauvegarde (ci-dessus, la vidéo du keynote du 28 septembre sur
OpenWorld'14).
Pour réduire l'impact sur les systèmes de production, l'appliance met en
oeuvre une architecture de backup de type incrémental. Deux
technologies sont exploitées : Delta Push, qui n'envoie vers l'appliance
que les sauvegardes incrémentales, et Delta Store, présentée comme le
« cerveau » du logiciel utilisé dans la ZDLR, qui valide les blocs de
données modifiés arrivant vers l'appliance, les déduplique, les
compresse, les indexe et les stocke. Ces blocs, explique Oracle, sont la
base des backups virtuels complets de la base de données, ces derniers
permettant d'améliorer l'efficacité du stockage (jusqu'à un facteur 10).
Avec l'architecture Delta Store, il est possible de garder en ligne un
grand nombre de backups complets virtuels et d'étendre ainsi les
possibilités de restauration.
L'appliance peut aussi être utilisée pour prémunir des catastrophes en
répliquant les données en temps réel vers un autre système ZDLR situé à
distance, et archiver régulièrement les sauvegardes sur bandes. Les
blocs sont validés continuellement à chaque étape pour éliminer les
corruptions de données à quelque niveau que ce soit.
Une configuration maximum de 18 racks
Le système complet (2 m de haut x 1,2 m de profondeur x 60 cm) se
compose de deux serveurs de traitement équipés de processeurs Xeon
E5-2697 v2 à 2,7 GHz et de ports InfiniBand auxquels s'ajoute, de base, 3
serveurs de stockage équipés de Xeon 6 coeurs (pour gérer les
entrées/sorties et la compression de données) apportant 37 To de
capacité utile (12 disques de 4 To de capacité brute). S'y ajoutent
entre 2 et 4 cartes flash PCI pour la mise en cache des métadonnées.
Chaque rack peut être complété jusqu'à 14 serveurs pour une capacité
utile totale de 224 To. Cet ensemble peut protéger des bases de données
dont la taille correspond approximativement à ce volume, sur une période
typique de 10 jours, explique
Oracle. Si nécessaire, un deuxième rack, doté de ses propres serveurs
de traitement, peut être relié au premier via des liens InfiniBand.
Selon Oracle, jusqu'à 18 racks peuvent être ainsi connectés au sein
d'une même appliance, ce qui porte à 4 Po la capacité utile, ou à 40 Po
de backups complets virtuels.
L'appliance s'intègre avec les nouvelles fonctions de restauration de la
base de données d'Oracle et avec l'outil de backup RMAN (Recovery
Manager). Elle s'utilise avec le logiciel d'administration Enterprise
Manager et avec Secure Backup. Le prix d'une solution de base démarre à
290 000 dollars et le support Premier pour le système est facturé 34 800 dollars par an.
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